L’un des plus grands philosophes du droit donne sa vision critique de la notion des droits de l’homme.
« Ô médicament admirable ! – propre à tout guérir, jusqu’aux maladies que lui-même a produites ! Maniés par Hobbes, les droits de l’homme sont une arme contre l’anarchie, pour l’instauration de l’absolutisme ; par Locke, un remède à l’absolutisme, pour l’instauration du libéralisme ; quand se révélèrent les méfaits du libéralisme, ils furent la justification des régimes totalitaires et des hôpitaux psychiatriques. Mais en Occident, notre ultime recours contre l’État absolu ; et s’ils étaient pris au sérieux, ils nous ramèneraient à l’anarchie… »
La politique contemporaine fait sans cesse référence aux droits de l’homme. Et s’il s’agissait d’une expression mal formée, d’une idée mal pensée ? Telle est l’hypothèse paradoxale de ce livre, dont l’objet est une critique de cette notion. L’auteur part du droit romain, qui visait un rapport entre des hommes à l’intérieur d’un groupe social. Mais lorsqu’on en extrait une définition des devoirs envers tous les hommes et que l’on en déduit un droit universel, égal pour tous, il y a confusion entre morale subjective et droit, estime Michel Villey ; parce qu’à l’époque moderne, des théologiens ou philosophes non juristes y ont introduit l’idée d’un « droit de l’homme » au singulier. Ce livre est une invitation à repenser l’histoire et la philosophie du droit, la différence entre la pensée juridique des Anciens et celle des Modernes.
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