Tout, au départ, est possible. Le Feu follet n'a rien d'un film noir. Le destin d'Alain n'est pas scellé d'avance. Aucun flash-back (malgré ce que Malle a griffonné sur la couverture de son exemplaire du livre) ne gèle le présent, après avoir claquemuré le passé et l'avenir. Alain peut s'adonner à la drogue (ce qu'il ne fait pas); il peut se remettre à boire (ce qu'il ne fait pas au bar du Quai Voltaire, mais qu'il fait au Flore et chez les Lavaud); il peut clamer qu'il fait mal l'amour; il peut renoncer à Lydia, à Solange, à Dorothy; il peut dépenser tout l'argent dont il a tant besoin: rien de tout cela n'implique qu'il se tuera. Ne se suicide-t-il pas, somme toute, par simple fatigue, une fatigue plus physique que morale, et qui le saisit après la marche forcée que nous avons partagée avec lui?
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