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L’archive naît du désordre. Elle prend la ville en flagrant délit. Mendiants, voleurs, gens de peu sortent un temps de la foule. Une poignée de mots les fait exister dans les archives de la police du XVIIIe siècle. Evidentes autant qu’énigmatiques, on peut tout faire dire aux archives, tout et le contraire, puisqu’elles parlent du réel sans jamais le décrire. Le travail d’historien s’impose donc ici dans toute sa rigueur, sa modestie. Ce livre, qui puise son information dans les manuscrits du XVIIIe siècle, raconte également le métier d’une historienne habitée par la passion des archives. Arlette Farge invite alors le lecteur à la suivre dans son plaisir quasi quotidien « d’aller aux archives ».