Définir le kpon est une tâche malaisée, car elle nécessite que le
chercheur se situe sur un double registre culturel. Pour les Abidji,
population de la région de Sikensi, le kpon représente le pouvoir
inné ou acquis de guérir les blessures fraîches qu'un adepte s'est
infligé pendant un épisode de transe rituelle. Du point de vue
externe de l'observateur occidental, le kpon apparaît comme un
rite ordalique pratiqué par un groupe d'initiés lors de la cérémonie
du dipri, fête commémorant la traversée du fleuve Comoé par le
peuple abidji entré dans une nouvelle ère.
Le kpon est la deuxième étape de cette cérémonie du dipri qui
voit se dérouler les pratiques rituelles du bain, des chants, des
danses, de la transe et des démonstrations magiques, et qui assure,
aussi bien pour le groupe que pour l'individu abidji, une fonction
compensatrice de frustrations et régulatrice de tension psychique.
Nous publions uniquement les avis qui respectent les conditions requises. Consultez nos conditions pour les avis.