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« Je m’appelle D’Arco et je suis un flic mort », annonce d’emblée le héros du Chant de D’Arco. Chaque nuit, il est réveillé par des enfants qui se mettent soudain à chanter en choeur, dans les gratte-ciel de l’interminable cité des morts. Pourquoi ? C’est ce qu’il va être chargé de découvrir, au prix d’un retour dans la cité des vivants, d’où il vient et où il a été tué trois ans plus tôt. Ainsi commence Le mal, premier volet de la trilogie d’Antonio Moresco, considéré par beaucoup comme le plus grand auteur de la littérature italienne contemporaine. Dans Le mal, D’Arco est guidé de la Cité des morts à celle des vivants par l’enfant du premier roman de Moresco publié en français (et son plus grand succès à ce jour dans l’hexagone), La petite lumière. Le monde que D’Arco découvre est un monde terrible, défiguré, où les innocents sont littéralement dévorés par des monstres ; l’allégorie est forte, puissante, les meurtriers de Moresco sont mus par une nécessité de tuer qui annihile tout. Et si ces assassins suscitent le dégoût et l’indignation, leur incapacité à agir autrement en viendrait presque à susciter la pitié. Ne sont-ils pas condamnés à attendre qu’un Zarathoustra les tue pour les faire passer de l’autre côté ? D’Arco, homme plein de douleur, de douceur et de fureur, est appelé à remplir une mission impossible : retourner dans le monde des vivants, dans lequel il a été tué, pour arrêter un massacre de victimes innocentes. Mais si la mort précède vraiment la vie et le mal le bien, comment inverser la spirale ? Avec Le mal, Moresco nous entraîne dans les ténèbres les plus noires de la vie et ramène le thriller à ses origines incandescentes, lorsque poètes, romanciers et penseurs, à partir de formes narratives populaires et convaincantes, ont ouvert des espaces d’invention inimaginables en passant par la brèche de la littérature.