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"Parfois il faut choisir un mot comme on ajuste un tenon dans une mortaise", écrit Frédéric Musso. Artisan méticuleux, il dépose ces mots choisis sur l'établi. Il les hume et les caresse, les fait sonner haut et clair avant de les apparier. Des images se forment. Peu à peu, le poème prend naissance. Il le laisse reposer puis s'en empare à nouveau pour le polir avec ferveur. L'aube où des nuages trempent comme une main de fiancée dans le bleu d'un lac, la rêverie du marbre sous des cieux purs, le branle-bas des natures mortes. Ne te joue pas des lignes. Travaille-les dans le sens du fil. Lorsque l'épure, enfin, apparaît sous le polissoir, vient le temps de la jubilation : Tu fus quelques saisons avant que se déclenche la mécanique des corolles. Les poèmes sonnaient clair sous la marquise de la nuit. Des mots de compagnie rendus à la vie sauvage s'ébrouaient dans la blancheur du papier.