Depuis au moins deux décennies, les factions idéologisées de la production du savoir, du traitement de l'information et de la conquête du pouvoir ont contribué, au gré des « guerres culturelles », à faire du rapport au passé colonial l'une des problématiques les plus sensibles de notre société fragmentée.
Cette question, souvent perçue à travers le prisme algérien, soulève de nombreux enjeux contemporains, par-delà les controverses inhérentes aux cercles intellectuels : de la persistance niée du racisme à l'instrumentalisation de la diversité, en passant par la politisation de la présence musulmane, le tout sur fond de décomposition du vieux mouvement ouvrier et de crise du capitalisme néolibéral.
Au croisement de la science politique, de la sociologie critique et de l'histoire des idées, ce livre aborde ces thématiques avec une approche singulière, qui associe pensée matérialiste et méthode dialectique, à rebours de la fausse conscience ou de la mauvaise conscience qui prévalent dans les débats.
Sans concession à l'idéologie dominante ni à ses fausses alternatives, il invite aussi à examiner d'un regard neuf la trajectoire de figures intellectuelles confrontées à la révolution anticoloniale dans le tiers-monde ou à l'avènement d'une France postcoloniale, à l'instar d'Albert Camus, Guy Debord, Frantz Fanon, Joseph Gabel, Maxime Rodinson, etc., dont la part d'ombre et de lumière résonne avec force dans la conjoncture actuelle
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