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Il y a un peu plus de dix ans, je publiais Le Suicide français. L’émoi fut considérable. Les journalistes, commentateurs, politiques rivalisèrent d’invectives à mon égard. On me traita de “passéiste”, “réactionnaire”, “misogyne”, “homophobe”, “raciste”, “fasciste”. Qu’avais-je fait ? Qu’avais-je dit ? Qu’avais-je écrit ? J’avais tenté de comprendre cette impression de dépossession qui étreignait nombre de Français, qui ne se sentaient plus chez eux dans leur pays. Il y a longtemps, l’écrivain français du xixe siècle Edgar Quinet avait eu cette formule : “Le véritable exil n’est pas d’être arraché de son pays ; c’est d’y vivre et de n’y plus rien trouver de ce qui le faisait aimer.” Pourquoi ce sentiment, autrefois limité à quelques élites, était-il devenu dans la France du XXIe siècle un phénomène de masse ? »
Journaliste, écrivain et homme politique, Éric Zemmour est l’auteur de nombreux essais, dont plusieurs bestsellers. Son dernier en date, La messe n’est pas dite, a été publié chez Fayard en 2025. La présente édition du Suicide français est une version actualisée de son chef d’oeuvre de 2014. Plus de dix ans après, il est temps de redécouvrir combien ses analyses et prédictions se sont avérées prophétiques.