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Des fastes des Valois aux séries du second Empire, les spectacles constituent, avec la chasse, l’un des principaux agréments des séjours au château de Fontainebleau. En 1725, la demeure royale est la première à être dotée d’une salle spécialement dévolue aux spectacles. Aménagée et ornée sous la direction de Robert de Cotte et de Sébastien-Antoine Slodtz, la Comédie de Fontainebleau déploie sa délicate ornementation rocaille dans la salle tandis que les machines permettent de produire de féeriques effets sur la scène en multipliant les changements de décors pour les opéras. Sous l’impulsion de Mme de Pompadour, de Mme Du Barry puis de Marie-Antoinette, le voyage du roi et de la cour à Fontainebleau offre l’occasion de présenter pour la première fois sur les planches du théâtre les pièces données ensuite à Paris. Restaurée sous le premier Empire puis sous la monarchie de Juillet, cette salle accueille les vedettes du moment, venues jouer devant les invités de l’Empereur et du roi des Français. Mais, jugée vétuste et peu commode, elle est soigneusement démontée en vue de remployer sa machinerie dans la nouvelle salle que Napoléon III fait aménager par Hector Lefuel dans l’aile sud de la cour d’honneur. Le chantier du théâtre impérial est amorcé en 1854 et intégralement achevé l’année suivante. Lefuel y décline avec élégance les courbes et adopte l’ellipse pour magnifier la salle de spectacles dont le décor emprunte à l’Opéra royal de Versailles ou le théâtre de Marie-Antoinette à Trianon certaines dispositions ou ornements. L’élégance du XVIIIe siècle se double de l’opulence du Second Empire dans une débauche de moquettes, de soieries et de sièges capitonnés. Inauguré en 1857, le théâtre est doté d’un ensemble important de décors de scène permettant d’y jouer un répertoire varié. Il accueille comédies et vaudevilles d’après Scribe, Legouvé ou encore Alfred de Musset, mais ne connaît qu’une dizaine de représentations jusqu’au dernier séjour impérial à Fontainebleau en 1868. Sombrant dans la poussière de l’oubli, il s’anime durant l’Occupation allemande entre 1940 et 1945, puis retrouve sa léthargie d’empire disparu. Sa restauration, engagée en 2007, permet aujourd’hui de découvrir l’histoire, la richesse et l’authenticité du dernier théâtre de cour français.