Dès l’époque moderne, des formes de circulations artistiques se développent en Europe, associant spectacle et itinérance. Au gré de l’histoire économique, politique et diplomatique, des routes inédites se dessinent, de nouvelles voies théâtrales sillonnent le monde. Les troupes, les artistes et les institutions se déploient en Europe puis au-delà, notamment dans les colonies et les états nouvellement indépendants d’Amérique latine, en suivant les routes commerciales des Atlantiques nord et sud, de la Méditerranée et de l’Océan Indien, jusqu’en Océanie. De nouvelles cartographies artistiques apparaissent. L’axe transatlantique Nord Paris-Londres-New York devient une route privilégiée des tournées théâtrales et lyriques. La côte Atlantique Sud est également très dynamique et accueille beaucoup d’artistes européens au tournant des XIXe et XXe siècles (la Patti, Sarah Bernhardt, Coquelin Aîné, La Duse... pour ne citer qu’eux).
À partir des témoignages de trois grandes figures de la diffusion et de l’accompagnement des artistes (Anne de Amézaga, Thibaud Houdinière et Olivier Giel) qui ouvrent le numéro et dessinent une cartographie contemporaine de la tournée théâtrale, il est possible de tirer le fil historique des tournées. Rassemblant des écrits venus d’horizons divers et envisageant diverses formes de spectacle, ce numéro appréhende dès lors le phénomène des tournées dans son historicité et dans la pluralité des questionnements qui le traversent. La période d’études s’achève en 1954, alors que la Guerre froide offre un nouveau contexte aux déplacements artistiques. Des textes de Pauline Carton, Charles Baret, Nancy Vernet, Jules Huret… complètent et prolongent les articles de recherche.
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