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À dix-huit ans, Jack London saute dans un train de marchandises et rejoint pour un temps "l’armée industrielle" du "général Kelly" — des milliers de chômeurs partis de Californie manifester à Washington contre la crise économique, au printemps 1894. Du journal qu’il tient alors, London tire, treize ans plus tard, les épisodes d’un feuilleton. La géographie et la chronologie y sont un peu brouillées, pour le plus grand bonheur du lecteur — et de l’auteur, qui se remémore la légèreté et l’audace de la jeunesse. Le Trimard, c’est la vie de grand chemin telle qu’en font rêver les illustrés. London raconte le quotidien de la débrouille où l’on mendie son repas grâce à une fable bien tournée, où l’on déjoue la surveillance des cheminots pour voyager à l’œil, où la prison pour vagabondage est à la fois un danger et un repos. Ce livre fondateur marque la naissance d’une conscience sociale et celle d’un grand conteur.