Bibliothèque
d'histoire du droit
et droit romain
Tome 34
Au XIXe siècle, les relations entre le droit et la sociologie naissante ont
revêtu de multiples formes. Certains juristes se sont adonnés à une véritable
sociologie qui prenne pour objet le droit ; d'autres ont tenté d'informer la
théorie du droit par la théorie sociologique, en important certains concepts.
Cet ouvrage ambitionne de contribuer à l'histoire des rapports entre le droit
et la science sociale au XIXe siècle, en mettant en lumière une autre déclinaison possible, jusqu'alors peu étudiée, de ces difficiles relations : celle de l'attirance d'une partie des juristes pour la sociologie empirique incarnée, sous
la Troisième République, par l'École de Frédéric Le Play. C'est en effet au sein
de la science sociale leplaysienne que les juristes de la Troisième République
s'investissent le plus. Tandis que certains, guidés par leur catholicisme, envisagent la science sociale leplaysienne comme une arme de combat au service
du conservatisme, d'autres s'en saisissent sur le plan méthodologique, afin de
tenter de rénover une science du droit jugée trop légicentriste et formaliste.
L'École leplaysienne, de son côté, accueille volontiers ces nombreux juristes,
tant leur savoir-faire technique se révèle précieux pour rendre possibles
les réformes de la société qu'elle appelle de ses voeux. Armée de nouvelles
compétences juridiques, l'École leplaysienne entend s'ériger, à l'aide de ses
travaux monographiques, en guide du travail législatif, afin de faire de la
législation positive une application de la Loi morale. Ce faisant, elle s'affirme
bel et bien comme une École de la Loi, bien plus que comme une École de la
coutume, comme l'historiographie la dépeint fréquemment.
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