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Sur la commune de Barzan (Charente-Maritime), se trouve une agglomération romaine qui a été durant l'Antiquité un des principaux ports de la façade atlantique, le port de la capitale provinciale que fut Saintes. Des fouilles réalisées entre 2002 et 2009 par l'université Bordeaux Montaigne ont mis au jour un vaste entrepôt à cour qui témoigne de la fonction économique du site. Le monument a connu une histoire complexe durant un laps de temps relativement bref au cours du IIème s. p.C. Des études pluridisciplinaires permettent d'en saisir tous les aspects. Ce type de construction organisé autour d'une cour correspond à des édifices de grande taille dont on retrouve de nombreux exemples à Ostie, le port de Rome. Un catalogue des entrepôts de Gaule permet de mettre en perspective le bâtiment de Barzan qui apparaît comme une construction majeure des provinces gauloises.
Sur la commune de Barzan (Charente-Maritime), se trouve une agglomération romaine qui a été durant l'Antiquité un des principaux ports de la façade atlantique, le port de la capitale provinciale que fut Saintes. Des fouilles réalisées entre 2002 et 2009 par l'université Bordeaux Montaigne ont porté sur la zone située à l'est du grand sanctuaire et fréquentée depuis la seconde moitié du Ier s. a.C. Les premières constructions, de terre et de bois, qui se développent au nord d'un axe viaire, apparaissent modestes. Dans les années 80 p.C., se met en place un petit ensemble balnéaire en pierre, à rattacher probablement à une habitation située hors de la zone de fouille. Immédiatement à l'est, est édifié, au début du IIème s., un vaste entrepôt à cour comprenant 30 cellules et une vaste halle. En bordure de la cour, sont creusés trois citernes et, au centre, un puits, répondant aux différents besoins en eau du complexe (nettoyage, lutte contre les incendies, alimentation du personnel, etc). A l'ouest des bains, en bordure de la voie, à proximité immédiate du péribole du grand sanctuaire, un puissant bâtiment constitué de deux pièces et d'un portique indépendant est édifié. Si sa fonction demeure un mystère, sa nature publique ne pose guère problème. Quelques dizaines d'années plus tard, l'entrepôt est profondément restructuré. Agrandi vers l'ouest, il englobe les bains antérieurs qui servent probablement alors au personnel du complexe. La halle est subdivisée en une série de cellules ouvrant vraisemblablement sur la voie. L'ensemble est détruit dans la seconde moitié du IIème s. ou au début du siècle suivant. Démantelé rapidement, il disparaît du paysage alors qu'est édifié ¿au sud de la zone étudiée ici-, un gigantesque portique qui aboutit au grand sanctuaire. Une équipe pluridisciplinaire, constituée de plus de vingt chercheurs, reconstitue l'évolution de ce quartier, tant au travers des données architecturales que des mobiliers archéologiques ou des indices paléoenvironnentaux. Le type d'entrepôt à cour correspond à des édifices de grande taille dont on retrouve des exemples en Italie ¿particulièrement à Rome et à Ostie-, comme ailleurs en Occident romain. L'édifice barzanais est mis en perspective grâce à un catalogue qui rassemble, pour la première fois, les lieux de stockage publics urbains et périurbains des provinces gauloises. Il met en lumière, par sa taille, l'importance de ce monument¿qui ne devait être, dans l'agglomération, qu'un parmi d'autres, témoignage de la vigueur du commerce atlantique et de la grandeur du Port des Santons. Après les vastes thermes publics, le grand sanctuaire, un quartier d'habitations, c'est une autre facette de cette importante agglomération romaine que fait découvrir le quatrième volume de la série « Barzan ».