L'ouvrage propose un objet d'étude fascinant et paradoxal à
la fois, celui des crises et du renouvellement des élites au
haut Moyen Âge. Laissant de côté les concepts de noblesse on
d'aristocratie, il adopte celui d'élites, emprunté à la sociologie, et
braque ainsi le projecteur sur tous ceux qui d'une manière ou d'une
autre exercent, dans leur champ, un pouvoir social lié à l'excellence,
que ce soit celle de la naissance et du sang, on celle de la capacité,
dans une activité quelconque, à se distinguer et à en tirer prestige,
richesse ou honneur, celle du savoir enfin. Il prend donc en compte
les élites du royaume autant que celle du village, les ecclésiastiques
comme les laïcs. Reprenant l'idée de circulation des élites, il recherche
les processus qui ont permis aux élites de survivre aux crises et de
continuer d'asseoir leur domination quand le changement est si fort
qu'il affecte l'ensemble de la société. L'enquête a été conduite sur
la longue durée, depuis la fin du monde antique jusqu'au XIe siècle,
et dans diverses régions (Espagne, France, Allemagne, Italie). Elle
s'est attachée à des moments particuliers de mutation, à des types
de crises, à des groupes d'élites en difficulté, à des familles qui
ont connu une ascension rapide avant de s'effacer lentement... Les
crises ont exacerbé la compétition sociale, elles ont aussi accéleré
la mobilité et le renouvellement des élites. Indubitablement, les
élites out survécu aux crises en tant que groupes dominants, mais
assurément, dans la durée, elles ne se composaient ni des mêmes
groupes, ni des mêmes familles.
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