En fournissant aux habitants de Paris la farine nécessaire à leur alimentation, les moulins à eau et à vent de la capitale ont joué, à l'époque préindustrielle, un rôle essentiel dans la satisfaction de la demande énergétique d'une ville qui accueillait, au début du XIVe siècle, 250 000 âmes, soit autant qu'une grande métropole française actuelle. Loin d'être figé, ce paysage meunier connut de nombreuses évolutions entre le XIIIe et le XVIe siècle, qui révèlent la plasticité des systèmes énergétiques anciens et leur capacité à s'adapter à des périodes de croissance démographique. L'étude des moulins parisiens de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance fait ainsi écho aux questionnements contemporains portant sur l'approvisionnement des grandes villes dans un contexte de décarbonation de l'économie. Elle rappelle que ces questionnements s'inscrivent dans une histoire longue de plusieurs siècles où les moulins, objets techniques complexes dont le bon fonctionnement était une préoccupation majeure des autorités, comptent parmi les acteurs principaux.
Cet ouvrage a été couronné par le prix de l'AARHSE 2022 et le prix Jean Favier 2021 ; il a été publié avec le soutien de l'Association académique pour la recherche historique et sociologique dans le domaine de l'énergie et celui de la Société des amis des Archives de France.
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