Club utilise des cookies et des technologies similaires pour faire fonctionner correctement le site web et vous fournir une meilleure expérience de navigation.
Ci-dessous vous pouvez choisir quels cookies vous souhaitez modifier :
Club utilise des cookies et des technologies similaires pour faire fonctionner correctement le site web et vous fournir une meilleure expérience de navigation.
Nous utilisons des cookies dans le but suivant :
Assurer le bon fonctionnement du site web, améliorer la sécurité et prévenir la fraude
Avoir un aperçu de l'utilisation du site web, afin d'améliorer son contenu et ses fonctionnalités
Pouvoir vous montrer les publicités les plus pertinentes sur des plateformes externes
Club utilise des cookies et des technologies similaires pour faire fonctionner correctement le site web et vous fournir une meilleure expérience de navigation.
Ci-dessous vous pouvez choisir quels cookies vous souhaitez modifier :
Cookies techniques et fonctionnels
Ces cookies sont indispensables au bon fonctionnement du site internet et vous permettent par exemple de vous connecter. Vous ne pouvez pas désactiver ces cookies.
Cookies analytiques
Ces cookies collectent des informations anonymes sur l'utilisation de notre site web. De cette façon, nous pouvons mieux adapter le site web aux besoins des utilisateurs.
Cookies marketing
Ces cookies partagent votre comportement sur notre site web avec des parties externes, afin que vous puissiez voir des publicités plus pertinentes de Club sur des plateformes externes.
Une erreur est survenue, veuillez réessayer plus tard.
Il y a trop d’articles dans votre panier
Vous pouvez encoder maximum 250 articles dans votre panier en une fois. Supprimez certains articles de votre panier ou divisez votre commande en plusieurs commandes.
Certains poètes disparaissent sans laisser de traces. Souvent, leur talent incomplet en est la cause. Parfois la rareté de leurs œuvres ou la venue précoce de la mort.
Parmi des papiers que récemment je remettais en ordre, j’ai trouvé plusieurs dossiers où j’avais remisé, presque par acquit de conscience, des écrits d’amis de mes seize ans.
Lycéens dans un monde où comptait plus la parole de l’existentialisme que celle, déjà occultée, d’André Breton, nous avions lié connaissance sur les bancs de la classe de première ou durant nos longues récréations de demi-pensionnaires. Puisque nous ne pouvions qu’entrevoir la « vraie vie », la poésie provisoirement, en prit pour nous la place. Pour nommer notre regroupement occasionnel, on s’égarerait à parler d’ « école », à moins de confondre ce mot avec l’établissement scolaire que nous fréquentions. En vérité, sitôt finis les cours, avant de reprendre, pour la plupart d’entre nous, nos trais de banlieusards, nous avions l’habitude de nous réunir dans différents cafés du quartier Saint-Lazare. L’un deux, L’Île verte1, nous parut bientôt plus accueillant que les autres. De jeunes putains s’y reposaient entre deux passes. Nous aimions rester là, devant quelques boissons fortes, à bavarder de la vie et de ce que nous imaginions être l’avenir. […]
En plusieurs se dessinait déjà l’humeur aventurière qui allait définitivement les éloigner de l’Europe. D’autres se brûlèrent aux dangers du « milieu », image d’une poésie de mauvais garçons fortement colorée d’un érotisme frelaté. La destinée de la plupart les achemina vers une mort prématurée qui me transforme aujourd’hui bien malgré moi, en témoin presque ultime de leurs essais littéraires avortés.
Relisant ces textes, l’idée m’est venue de m’adresser pour les préfacer au seul célèbre d’entre nous, Lucien Calmels, connu du grand public sous un autre nom. Calmels fut séduit par ce projet, mais il me promit de n’y donner suite que si je retirais ses propres poèmes qu’il jugeait médiocres. Je crus bon devoir passer outre. Lui-même, fortement contrarié, m’a finalement laissé publier les quelques pages qui lui reviennent ici, en songeant que bien peu sauraient les restituer à leur véritable auteur. […]
1. Je sus, par la suite, que le propriétaire, originaire de Blaye, avait choisi ce nom en référence au beau roman, publié en 1932, de Pierre Benoît, ayant ce titre et portant une épigraphe gravement prémonitoire pour nous tous : « Aux captifs, aux vaincus… à bien d’autres encore ! », Baudelaire.