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Le courage de penser, dans le droit fil de la philosophie de Lumières, a toujours animé Aurel Kolnai (1900-1973). La plupart de ses écrits philosophiques attestent du caractère réactif de sa pensée. Le Dégoût (1929), L’Orgueil (1931), La Haine (1935) : l’étude phénoménologique de ces sentiments semble s’être imposée à lui pour des motifs historiques évidents ; ne lui suffisait-il pas de lire la presse, d’écouter les conversations dans les cafés de Vienne et de se remémorer le déchaînement meurtrier de la Grande Guerre qui a conduit à l’éclatement de l’Empire austro-hongrois pour observer la montée de l’orgueil nationaliste et de la haine antisémite, et éprouver alors un profond dégoût ?