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"Drôle de guerre" pour les Français, "guerre assise" pour les Allemands, "guerre des rumeurs" pour les Anglais : ces huit mois d'escarmouches terrestres, aériennes et navales ont paradoxalement été vécus comme un vrai combat pour le moral des troupes. François Cochet raconte une vie qui devient chaque jour plus difficile. L'ennui mène son travail de sape, la désobéissance gagne et la chaîne de commandement s'effrite : c'est la "dépression d'hiver". Jeux de cartes, alcoolisme deviennent le lot commun. Sur la ligne Maginot, les soldats attendent. Cependant, l'industrie de guerre tourne à plein régime, la France s'arme et les militaires se font ouvriers : ils manient la pelle, la pioche, coulent parfois du ciment pour construire des fortifications et protéger la frontière. L'auteur relate avec finesse une période complexe de la Seconde Guerre mondiale, loin des stéréotypes qu'en a gardés la mémoire collective : les Français ne sont partis au front à reculons, mais forts du devoir à accomplir et décidés à en finir une fois pour toutes avec l'Allemand. La débâcle de 1940 n'était pas inéluctable. François Cochet s'attache à penser la drôle de guerre comme une période en soi : la véritable défait des dirigeants est de n'avoir pas su expliquer le sens du combat à mener et les moyens envisagés pour vaincre l'Allemagne nazie.