De quelle façon la psychanalyse parvient-elle à faire histoire, à travers les vies qu’elle affecte chaque jour, alors même qu’aucune démarche historiciste ne saurait venir à bout de l’exigence du « partage de l’incertitude » ?
« Il semble que les événements sont plus vastes que le moment où ils ont lieu et ne peuvent y tenir tout entiers », écrivait Proust. Ainsi en va-t-il de l’invention freudienne.
Ce livre se propose d’examiner par quels chemins la psychanalyse, dont l’expérience a affecté et affecte encore d’innombrables vies anonymes, fait histoire, c’est-à-dire diffuse ses effets dans le monde partagé. Cette incidence profuse de la psychanalyse, qui ne va pas sans susciter de vives résistances chez les psychanalystes eux-mêmes, est rapportée au medium qui est le sien : le parler ordinaire, foncièrement instable, pivot de ce que Freud a appelé le « partage de l’incertitude » qui voit vaciller certains repères que l’on aurait cru immuables. C’est ce devenir, qui échappe à toute histoire édifiante, qu’il importe de sans cesse garder en éveil.
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