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Tenté que je suis parfois d’apprécier d’abord les lettres en sociologue, l’Orange bleue retient mon attention comme de loin le meilleur livre (le plus drôle, le plus cruel), sur l’éducation que subissent dans les couvents les jeunes personnes qui ont eu le malheur de bien naître. Du corps, du caractère ou de l’intelligence, on ne sait ce qui souffre le plus, derrière ces chastes murs. Les jeunes personnes, il est vrai, savent manger la poire sans y porter les doigts, étouffer discrètement, d’une chatouille à la base du nez, l’éternuement qui gâcherait le concert ; elles sortent assez bien d’une pièce à reculons, après une révérence et, s’il le faut, celle de cour. Mais après quelques mois de bondieuseries, l’imagination s’étiole, l’esprit se ferme et l’enfant la plus loyale apprend enfin le mensonge. Sur la psychologie de l’enfant naturel, sur les chocs dont la guerre souvent aggrave les douleurs de la puberté, etc., que de précisions graves. Les pages où la petite Francine est la proie de ses « Oncles », des prisonniers hébergés par la Suisse, j’en sais peu de plus atroces, dans leur terrible retenue. N’espérez pourtant de Yassu Gauclère ni révolte, ni soumission, ni vague à l’âme, ni surtout vague à l’esprit ; nulle concession, ni à la mièvrerie, ni à la grossièreté. Comment dire ? Une ironie joyeuse et sèche, mais qui par un curieux retournement, devient source d’émotion, car imagine-t-on livre plus déchirant ? Oui, c’est un livre cruel, celui qui se ferme sur une porte ouverte, celle justement du couvent. Quand j’aurai dit que le style de ce récit est clair, simple, précis, inflexible sous son aisance apparente, je n’aurai rien dit qui séduise aujourd’hui les foules. Point de « message », point de contorsions pythiques, point d’images coruscantes : la poésie même y connaît son devoir et se soumet à la grammaire. Une mémoire proustienne est comme distillée en esprit stendhalien. Etiemble, Les Temps modernes, mars 1951.