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« Ceux de mes ancêtres dont je porte le nom étaient bourgeois de Bourges. Notre généalogie, peut-être complaisante, prétend les suivre à la trace jusqu’aux brouillards du Moyen Âge. Deux d’entre eux furent prévôts de la ville au temps du roi de Bourges. Des autres on ne sait rien qui vaille d’être noté, sinon qu’ils vécurent, de génération en génération, là où ils étaient nés, entre Cher et Auron. À ma connaissance, ils ne prirent femme que dans trois provinces : le Poitou, le Limousin et naturellement le Berry. Mon père, le premier à quitter le pays, se maria en Saintonge. Ces Français de pleine terre n’étaient pas de juste milieu. Catholiques, ils priaient le Christ aux bras levés du jansénisme. Incroyants, ils militaient pour la déesse Raison. Etaient-ils excessifs ? Ce mot n’est pas berrichon. Ils aimaient l’absolu. Çà et là, leurs filles épousaient des fils de petite noblesse ou bien des paysans des environs. Ce qui explique qu’il y ait beaucoup de Mitterrand en Berry. Mais il n’y a de Mitterrand que du Berry. Ce nom de famille est lui-même du terroir. Il signifie pour certains des miens qui préfèrent la poésie à la philologie « milieu des terres » et un champ qui se trouve, en effet, au centre géographique de la France, près de Bruère-Allichamp, s’appelle le champ des Mitterrand. Mais la philologie se venge et révèle avec Albert Dauzat que le Mitterrand est un mesureur de grains, modeste profession qui s’exerçait dans les foires. »
À l’occasion du trentième anniversaire de la disparition de François Mitterrand, cet ouvrage emblématique offre une plongée dans la pensée et l’héritage d’un homme d’État qui a marqué l’histoire de la France.