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Si le mot autographe n’existe pas en français médiéval, nous savons que des manuscrits entièrement ou partiellement transcrits de la main d’écrivains français de la fin du Moyen Âge ont été conservés. Néanmoins, jusqu’ici, ces documents n’avaient pas encore fait l’objet d’une étude d’ensemble. Cet ouvrage se veut donc une synthèse qui articule l’étude des manuscrits et des pratiques autographes (depuis la composition d’un texte jusqu’à la correction de ses exemplaires de diffusion). Ces processus et ces documents sont envisagés tant du point de vue des pratiques effectives que des imaginaires. L’ouvrage s’appuie sur une large documentation, en particulier sur une analyse philologique et codicologique de première main de plus de cinquante manuscrits et manufactures autographes de Christine de Pizan (1399-1418). Ces manuscrits sont ainsi replacés dans leur contexte plus large, en rompant avec les analyses qui ont enfermé cet auteur et sa production manuscrite dans le champ clos d’un drame personnel et d’une situation contingente. En tâchant de répondre à une question essentielle (qu’est-ce qu’écrire, copier ou corriger à la main pour un écrivain français aux XIVe et XVe siècles ?), ce travail fournit les clés nécessaires à la compréhension de la spécificité des enjeux et des valeurs d’une production manuscrite exceptionnelle par sa rareté aux siècles suivants. Il éclaire également d’un jour nouveau les mutations qui ont touché les pratiques d’écriture, le champ littéraire et celui du livre à l’aube de la Renaissance. Au final, c’est un miroir qui nous est tendu pour mieux comprendre certaines des évolutions qui affectent de nos jours la diffusion des textes.