Marguerite est un roman choral où les voix s'entrelacent comme les fibres d'un linge ancien, porté, précieux, un peu effiloché. C'est l'histoire d'une femme, d'une promesse, d'un royaume, d'un voyage et d'un retour. Mais c'est surtout une exploration de la tendresse qui persiste, même quand tout semble s'effondrer.
Dans une époque indéfinie, un vieux roi écoute une jeune voyageuse lui raconter des fragments de vie. Des récits tendres, bruyants, absurdes parfois, remplis de silences éloquents, de départs, de rencontres improbables et d'amitiés tissées dans la boue ou la lumière. Elle lui parle de sa famille, des bêtes, des lettres qu'on ne lit pas toujours à temps, d'un vieux boiteux qui rit trop fort, d'un voyageur qui ne revient jamais, d'une ferme pleine de gestes simples et d'un monde qui, malgré tout, tourne encore.
Chaque souvenir devient offrande. Chaque détour de phrase, un baume contre l'oubli.
À travers ces confidences, le roman évoque doucement les traces que l'on laisse sans le vouloir, les promesses qui nous façonnent, les deuils que l'on diffère pour ne pas sombrer, et cette manière étrange qu'a le temps de reprendre tout ce qu'il donne.
Le ton est sobre, grave et doux, parfois rieur, parfois résigné. L'auteur, comme dans Le Messager, poursuit sa quête d'une littérature de l'intime, où l'émotion n'est jamais donnée mais toujours gagnée. Il ne s'agit pas ici d'un drame à résoudre ni d'un monde à sauver, mais d'un regard posé, aimant, sur la beauté des choses simples, sur l'humanité bancale, mais vivante.
Marguerite est un hommage. À celles qui tiennent debout malgré tout. À ceux qui partent sans bruit. À ceux qui restent et qui écoutent.
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