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Au début des années 1990, le ministère de la Culture souhaite dresser un état des lieux de la France et missionne Raymond Depardon pour sillonner les campagnes. Quatre autres photographes sont chargés des banlieues dites «?sensibles?». À Gilles Favier, qui réside alors à Paris, échoit Marseille. Il se fixe à La Renaude, une enclave du nord de la ville divisée en deux. En haut les HLM, où vivent les familles arabes. En bas, des cubes de béton, où réside la communauté gitane. Le photographe y restera un an et demi, réalisant au format 6×6 un reportage en noir et blanc d'une très grande qualité qui demeure, 25 ans plus tard, un témoignage précieux de l'histoire des habitants de La Renaude, et plus largement celle des quartiers Nord de la ville. Pour interroger ce corpus d'images, l'écriture de Philippe Pujol, lauréat du Prix Albert Londres en 2014, s'est imposée. S'appuyant sur le témoignage de personnes photographiées qu'il a retrouvées, il questionne les enjeux de ce quartier dans la grande tradition du journalisme littéraire.