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Si les faits divers criminels fascinent aujourd’hui les Français (affaires Dupont de Ligonnès, Grégory Villemin, Alexia Daval…), c’est surtout à partir de la fin du XIXe et du début du XXe siècle qu’ils se développent abondamment. La presse à grand tirage, alors lue quotidiennement par des millions de personnes, se passionne pour les meurtres et les érige à sa une en objet médiatique obsédant. Elle fournit une grande quantité de détails sur les « affaires » et les met en scène iconographiquement afin d’alimenter des discours qui renseignent sur les inquiétudes d’une époque. Dans le même temps, la police technique et scientifique se déploie considérablement dans la capitale sous l’impulsion du service de l’identité judiciaire dirigé par Alphonse Bertillon, dont l’action est soutenue par le préfet de police Louis Lépine. Ce service documente les assassinats commis à Paris et ses alentours en figeant les scènes de crime par la photographie métrique, en élaborant des clichés d’une multitude de traces et d’indices, ou encore en mobilisant des portraits à des fins d’identification des présumés coupables. À partir de l’analyse de ces sources journalistiques et policières, cet ouvrage richement illustré explore 20 affaires de 1900 à 1914, et les principaux débats sociétaux et politiques que suscite le crime durant cette période.