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Quand il meurt en 1792, à l'âge de 72 ans, guillotiné du fait de ses prises de position contre la Révolution française, Jacques Cazotte a traversé le siècle dit des Lumières. Mais voilà bien un parcours singulier. Employé dans l'administration de la marine, Cazotte, pour remplir ses fonctions, se verra naviguer à plusieurs reprises jusqu'en Martinique. Puis, de retour de ces périples périlleux, malade et presque aveugle, il prendra sa retraite dès 1759 et trouvera refuge près d'Épernay, en Champagne. Cet étrange personnage (que Gérard de Nerval a rangé parmi ses Illuminés), conseiller du roi, maire du petit village de Pierry, adepte des thèses exaltées des Martinistes, nous est encore connu du fait d'une oeuvre littéraire, dont n'émerge plus à présent qu'un seul titre : Le diable amoureux, ouvrage d'exception, admiré par Jorge Luis Borges, et qui fait de Cazotte, à juste titre, l'un des précurseurs de la littérature fantastique française. Cette oeuvre ne se réduit pas toutefois à ce seul titre, loin s'en faut. Abondante et variée, elle comprend au moins des oeuvres badines et morales, un roman d'aventures : l'Ollivier ; un recueil de contes à la manière d'une Continuation des Mille et une nuits ; et des contes parodiques comme La Patte du chat, conte zinzinois, et surtout ces Mille et une fadaises, humoristiquement publiées, en 1742, à Baillons, chez l'Endormi, à l'image du Ronfleur, comme l'indique la première édition. Pour le plaisir et l'émerveillement du lecteur, ces Mille et une fadaises ont l'art de se présenter comme un récit mené tambour battant, où se rencontrent, en compagnie de Fées plus ou moins fréquentables, des situations invraisemblables, au point d'y pouvoir même croiser, entre autres, un habitant de la lune tombé sur terre et des meubles vivants, doués de parole. Manière d'atteindre là, très certainement et de manière unique, les cimes de l'imagination la plus ébouriffante.