Penser, ce n'est pas apprendre des connaissances,
mais exercer son jugement. Le constat établi dès
le chapitre 1, 25, «Du pédantisme» peut servir de
fil conducteur à une nouvelle lecture des Essais.
Comment bien juger ? La question entretient un lien
intime avec la philosophie conçue en 1, 26, comme
«formatrice des jugements et des moeurs». Pour
bien juger, il ne s'agit pas d'invoquer des règles
qui vaudraient a priori, mais d'abord d'apprendre
à se dégager des apparences rationnelles et des
prescriptions de la coutume. Montaigne confie
la philosophie à l'indétermination d'un jugement
personnel, dont il cultive sous les yeux de son lecteur
l'aptitude à s'inventer soi-même. L'essayiste ne renonce
pas pour autant à se nourrir de la pensée des auteurs.
Nous publions uniquement les avis qui respectent les conditions requises. Consultez nos conditions pour les avis.