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nioque est l’écriture phonétique (comme on pourrait écrire iniorant) de gnoque, mot forgé par moi à partir de la racine grecque signifiant connaissance, et pour ne pas reprendre le gnossienne de Satie ni la connaissance (de l’Est) de Claudel. Que signifiait pour nous, dès 1990, année de la création de Nioques, la référence à Francis Ponge ? La simple nécessité d’articuler aussi rigoureusement que possible une critique radicale de la poésie (une « sortie » raisonnée hors du cadre générique et de ses charmes) et une puissante thérapie contre l’intoxication (« ces gouvernements d’affairistes et de marchands, passe encore si l’on ne nous obligeait pas à y prendre part, si l’on ne nous y maintenait pas de force la tête, si tout cela ne parlait pas si fort, si cela n’était pas seul à parler. Hélas, pour comble d’horreur, à l’intérieur de nous-mêmes, le même ordre sordide parle… »). Aujourd’hui, plus de trente ans plus tard, par-delà le principe d’avant-garde, nous maintenons l’exigence de l’expérimentation formelle, de l’intervention restreinte ou oblique, de la résistance passive « à voix intensément basse », de l’investigation objective, de pratiques aussi littéralement présentes que possible à ce qui nous entoure. En un mot nous souhaitons confirmer la dimension réellement politique de notre communauté et de notre revue. Nous sommes tous, de fait, des singularités quelconques. Jean-Marie Gleize