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Tout non-public est un public potentiel. Du point de vue des producteurs de l’offre culturelle, le non-public demeure un «public non pratiquant», «empêché» ou «écarté» d’une offre qui devrait s’adresser à tous. Ainsi, dans l’optique d’un élargissement de la fréquentation, il fera l’objet d’une campagne de séduction passant à la fois par la communication, l’adaptation des contenus et des lieux, l’arrimage à la culture populaire, mais aussi l’éducation et, plus spécialement, une médiation qui viendra combler un déficit de compétences censé empêcher le développement d’un goût pour la culture et l’accès de certains individus au statut de public de la culture. Inscrite au cœur même de la logique managériale des institutions, la volonté de rejoindre le plus grand nombre produit donc d’elle-même l’emploi d’une notion comme celle de non-public, dans la mesure où elle délimite le champ d’action des diffuseurs et des médiateurs, de même qu’elle circonscrit la cible de politiques culturelles participant d’un effort de dénomination reposant toujours sur le postulat que le manque ou la privation de culture serait une injustice.
Cet ouvrage présente le fruit d’une recherche empirique auprès de six organismes culturels en Mauricie : le Comité de protection des œuvres d’Ozias Leduc, le Musée québécois de culture populaire, le Salon du livre de Trois-Rivières, la Maison de la Culture de Trois-Rivières, Ciné-campus Trois-Rivières et le FestiVoix de Trois-Rivières. Il s’adresse avant tout aux responsables d’équipements culturels, aux chercheurs et aux étudiants.
Marie-Claude Lapointe est professeure agrégée au Département d’études en loisir, culture et tourisme à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Auparavant, elle a œuvré au sein du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, de même qu’au ministère de la Culture et des communications. Titulaire d’un doctorat en culture et communication, ses travaux portent notamment sur les pratiques culturelles, les publics et non-publics de la culture et le cosmopolitisme culturel chez les jeunes. Elle est chercheure au Laboratoire de recherche sur les publics de la culture.
Jason Luckerhoff est professeur titulaire en communication et culture à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il a été prêté comme vice-recteur au développement des programmes et des savoirs à la nouvelle Université de l’Ontario français. Il a fondé et dirige la revue Approches inductives, qui est devenue la revue Enjeux et société. Il a aussi fondé et dirige la collection «Culture et publics» aux Presses de l’Université du Québec.