« Maman morte.
…maman est morte sans que je le sache.
Une fois pour toutes, je dois décider qu’il en est ainsi.
Une fois pour toutes.
Combien de fois ai-je murmuré ces mêmes mots ? Mais je n’en croyais rien. Parce que je la voyais vivre à côté de moi, avec plus de vitalité que moi. »
Pendant que sa mère agonise, l’auteur se remémore sa propre vie, en « inventant » le personnage de son double, Ritsuko Takasé, dont elle va raconter l’enfance, puis l’entrée dans le monde adulte et l’incapacité à établir des relations sexuelles stables. Peu à peu, la narration s’oriente vers l’histoire familiale de Fumiko, une camarade de classe, et de Kiyoko, la sœur adoptive de cette dernière. Kiyoko part pour les États-Unis et aura deux filles, élevées l’une au Japon, l’autre à Paris. Pendant que le livre s’écrit, Kiyoko elle-même tombe malade. Le récit tout entier est construit sur cet effet de miroir entre les agonies de deux femmes avec lesquelles la narratrice a des rapports très différents. Que peut la littérature face au deuil ? Comment raconter la mort, la maladie, le sentiment filial, le regard d’une fille sur sa mère, d’une mère sur sa fille ?
La fille d'Osamu Dazai est née en le 30 mars 1947. Elle a donc un an quand son père se donne la mort. C’est autour de sa propre vie, celle de ses parents, en particulier de sa mère, que Yûko Tsushima a construit son oeuvre, dont une bonne partie a déjà été traduite en français. Notamment aux Éditions des femmes :
Poursuivie par la lumière de la nuit
,
L'enfant de la fortune
,
Territoire de la lumière
,
Les marchands silencieux
,
Au bord du fleuve de feu
. Par ailleurs, les éditions Albin Michel ont traduit
La Femme qui court dans la montagne
et Picquier,
Vous rêves nombreux, toi la lumière
.
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