Dans son livre, Ron Padgett passe la serpillère, prépare une lessive,
lance le café... et écrit des poèmes. Car la poésie est une activité du
quotidien : «encore un petit poème/avant d'aller au lit». Et surtout
chez lui le quotidien conduit à la poésie. Les objets les plus triviaux
- un balai en paille, une statuette d'indien en bois, une bicyclette -
ramènent à la mémoire, à l'enfance, au temps qui passe.
En apparence, les poèmes de Ron Padgett sont simples, légers et
malicieux : on y croise des elfes très méchants, de petits chiens qui
sautillent et des nuages de fumée. On commence toujours l'air de
rien, avec une comptine ou une expression toute faite - «on ne sait
jamais». Mais Ron Padgett prend les mots à la lettre, il jongle avec eux
comme avec les molécules qui nous composent. Et son poème finit,
insensiblement, par s'interroger sur l'essentiel. «J'ai 49 ans et la mort
tout autour de moi. L'écriture peut-elle aider ? Sans doute que non.»
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