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Le mythe d’Orphée se déploie dans une succession de poèmes sériels, de galops, de fleurs, de tableaux, de pierres tombales, de ruptures graphiques. Constance Chlore mêle sources, traces et imaginaire, à sa propre interprétation du mythe. Elle redonne un destin à Eurydice. Orphée la croit morte. Elle est vivante. Remontée des Enfers à son insu, elle a rejoint les Ménades. Contre la doctrine d’Orphée, et son monde d’illusions, Eurydice choisit le réel et la terre. Près de lui, sous le même nom, elle exerce avec ses sœurs une connaissance. La plus secrète abondance. Elle, qui a su échapper à la mort, se tient avec ses compagnes au plus près de la vie. Qui ne cherche pas la vie ? Ce poème-épopée bondit d’un épisode à l’autre : l’instruction d’Orphée par les Muses, la mort d’Eurydice le jour même de ses noces, la descente aux enfers, la fondation de l’orphisme, etc. Rebondit d’une interprétation d’artiste à une autre : Cocteau, William Carlos Williams, Nerval, Rilke, Katleen Raine, etc. Des citations, des incises historico-mythiques mettent en scène l’exploration de l’autrice autour d’un mythe matrice questionnant l’amour, la perte, le deuil, le chaos, la beauté, la puissance de la parole, les forces de destruction. Que peut la poésie face au surgissement de la violence ? La poésie spatiale d’Ilse Garnier accompagne ce poème, résolument polyphonique.