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« On ne possède jamais qu’une seule mère » écrit Freud : la mère des commencements, unique, idéale, divine apparaît en majesté pour être brutalement rabaissée par la sexualité, et ce passage de l’idéal à la déception trouve paradoxalement une voie de compatibilité grâce au clivage entre « la maman et la putain ». On ne peut donc pas abandonner l’idée des mères au pluriel, même lorsqu’elles se révèlent contradictoires, à l’instar de la bigarrure de la psyché si chère à Freud ! Bonnes et mauvaises, incestueuses et meurtrières… Aimantes, haineuses ou indifférentes, trop près ou trop loin, toujours là, jamais là, déprimées ou paranoïaques, mélancoliques ou maniaques, possessives ou négligentes... Mieux ou pire encore, la même mère peut être plurielle, selon les lieux et les moments. Où sont les mères aujourd’hui ? À qui appartient le maternel ? Sur quelles scènes les identifications et les choix d’objet qui en dépendent peuvent-ils se déployer ? Quels écarts et quelles convergences se révèlent entre la réalité matérielle – sociale, culturelle, historique - et la réalité psychique, celle des rêves et des fantasmes, celle du transfert et de ses surprises : mères de transfert ou transferts de mères ?