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Sorti sur les écrans en 1964, Marnie (Pas de printemps pour Marnie) est un film dont l’intrigue explore, parmi d’autres, les voies de la psychanalyse. De cette exploration certains critiques, outre-Atlantique comme en France, tinrent rigueur à Alfred Hitchcock, estimant que l’auteur s’y adonnait à une analyse sans précautions et livrait avec son film une approche sommaire de la discipline. En réalité, bien loin de se contenter de tenter une illustration de la démarche psychanalytique, Hitchcock en interroge plus sûrement, et de manière très critique, les fondements aussi bien que les effets. Improbable (introuvable ?) romance amoureuse, Marnie se présente comme un objet sombre dans lequel le personnage-titre, lui-même objet d’étude, se voit progressivement dépouillé des maigres, et souvent illusoires, résistances qu’il tente d’opposer à son environnement spatial autant qu’humain. Dans la véritable entreprise de traque à laquelle elle est de fait soumise, Marnie verra son territoire, réel ou fantasmatique, aller s’amenuisant, son espace physique autant que mental se réduire de façon drastique. C’est à l’étude de cet espace, considéré donc au regard de Marnie et de ses mouvements, que se consacre en large partie l’étude.