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Les deux volumes de Pour un soleil de femmes, forment une contre-histoire féministe de la poésie contemporaine, par le biais d’un soleil aux 42 rayons de femmes qui invitent à des rencontres et des voyages dans le temps (du tout début du XXe siècle à nos jours), dans différents pays (de la France à l’Iran, en passant par l’Espagne, l’Arménie, le Bangladesh, l’Ukraine, le Liban ou la Palestine), à partir de leurs œuvres-vies. Poètes pour la plupart, mais pas seulement, elles embrasent et embrassent autant d’époques que de contrées, de rêves que de réalités et de combats.
Ce dernier tome présente vingt portraits de femmes, de la chronique à l’essai. Il débute par la deuxième partie des femmes de la Poésie pour vivre, avec Elodia Zaragoza Turki. Puis, les Femmes d’un soleil de combats, dans leurs œuvres comme dans leurs vies. Voici Annette Zelman, dont l’amour est victime du nazisme. De son côté, la poète-résistante Madeleine Riffaud affronte le fascisme et le colonialisme. Jean McNair fait face au racisme étatsunien. La Tahitienne Chantal Spitz défend et illustre la culture polynésienne. La poète bangladaise Taslima Nasreen est aux prises avec l’obscurantisme religieux, ainsi que les Iraniennes Katayoun Afifi et son aînée Forough Farrokhzâd.
La syndicaliste et députée gréco-bulgare Kostadinka Kuneva est agressée à l’acide parce qu’elle défend les droits des travailleurs. La peintre et cofondatrice de Femen, Oksana Shachko s’érige contre le patriarcat, tant dans ses peintures que par l’action. Ce chapitre s’achève sur le texte Le féminisme est un combat, car le féminisme incarné par les poètes d’Un soleil de femmes et bien d’autres est un combat pour l’émancipation individuelle et collective des femmes.
Puis viennent les Huit femmes pour un soleil d’aujourd’hui, qui forment l’une des quintessences de la poésie contemporaine. Il s’agit de Marie Murski, Odile Cohen-Abbas, l’Arménienne Violette Krikorian, la Réunionnaise Catherine Boudet, la Libanaise Joumana Haddad, la Palestino-Jordanienne Jumana Mustafa, Adeline Baldacchino et Paloma Hermina Hidalgo.
« Et j’ai commencé à me souvenir. On avait un message à transmettre, celui de l’esprit de la Résistance : ne jamais pleurer sur l’état de son pays ou sur son propre sort. Aucune cause n’est jamais perdue, sauf si on abandonne. JE NE SUIS PAS UNE VICTIME. JE SUIS UN RÉSISTANT. C’est en gardant ça en tête que les gens ont tenu dans les prisons de la Gestapo, les maquis ou les camps de concentration. Cette formule peut s’appliquer à tous les aspects de la vie. C’est une vérité universelle, une manière d’appréhender les événements. » Madeleine Riffaud