Si l'analyste se vit comme l'acteur d'une relation thérapeutique de
qualité, c'est-à-dire ouverte, il est en mesure de faire une place à la
surprise, à la remise en question, à l'absence de maîtrise, au
remaniement de sa théorie, tout en garantissant l'espace de liberté entre
norme sociale et singularité subjective.
Délaissant tout projet d'harmonie ou d'unité, voiles posés sur une
maîtrise violente à force d'être rigide, la démarche
analytique ne se conçoit alors qu'à l'aune de l'exploration et de
l'invention. Grâce au symptôme, la cure devient le lieu du
changement mutuel, permettant l'évolution culturelle et individuelle.
La recherche, ciblée sur le symptôme, de prévisibilité
permanente et de résultat normé, qui est celle de certains
neurobiologistes et comportementalistes, s'assimile aisément à une
vitrification du monde sous prétexte de science. Elle s'oppose à une
éthique analytique qui chérit et privilégie encore et toujours la
différence irréductible, tant biologique que culturelle, cause et
conséquence de l'émergence du sujet.
Le désir ne saurait être alors qu'à la croisée des pulsions et des
normes dans leur enchevêtrement hétérologique (hétérologie : étude
des effets logiques des interférences de systèmes hétérologues.
Symbolique, réel et imaginaire sont des systèmes hétérologues, entre
autres).
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