« La postérité ne déteste pas retrouver dans l'enfance de ses futurs grands hommes les signes prémonitoires et cachés du génie et de la gloire. Le ciel n'épargna pas ses prestiges en cette nuit de bourrasque bretonne, où le mugissement des vagues annonciatrices de l'équinoxe d'automne couvraient les cris de l'enfant. Le vicomte de Chateaubriand, qui allait tant aimer ces instants qui marquent les premières rencontres avec les paysages, avec les villes, avec les événements et les êtres, n'avait pas raté sa première entrée dans le monde. Certains furent d'autant plus agacés de cette publicité prénatale que c'est l'intéressé lui-même qui raconte cette naissance au seuil des Mémoires d'outre-tombe. »
Dans cette promenade littéraire avec Chateaubriand, écrite en 1958, Jean d'Ormesson, pétillant d'esprit, ressuscite l'homme de génie qui ne cessa de l'inspirer et de l'accompagner au cours de sa vie.
« Les femmes, l'ennui, l'orgueil, l'indifférence, la passion et la contradiction sont, chez Chateaubriand, la marque indélébile d'un tourment de vivre et d'une espèce d'angoisse qui se dissimule pour nous derrière l'éclat d'un style et la splendeur des images. »
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