Voici deux ans à peine, le Rapport sur les «Limites à la croissance»
(«Halte à la croissance ?» dans l'édition française) paraissait comme
un coup de tonnerre dans le ciel bleu : le dogme d'une croissance
économique sans frein, pour résoudre tous les problèmes d'une humanité
sans boussole, était mis en question sur l'ordinateur du M.I.T.
Il fallait du temps pour répondre, et le tir de contre-batteries avait à
peine commencé que l'orage même éclatait en octobre dernier, avec
la guerre du pétrole et la première de nos crises, celle de l'énergie.
Les membres du Club de Rome en tout cas, qui étaient réunis en
congrès à Tokyo «pour prendre une vision globale des problèmes
humains», n'en auront pas été surpris. Ils étaient justement en train
d'examiner quelque 25 projets de recherche en cours sur les problèmes
globaux ; et pour la première fois, les pays «sous-développés» y
traitaient à égalité avec les pays «avancés», pris de court dans leur
développement.
Dans cette seconde génération d'études, les modèles s'affinent, les
facteurs politiques et sociaux interfèrent avec ceux de l'économie, les
réalités régionales sont saisies, les perspectives mondiales à court,
moyen et long terme se précisent, les conditions de l'égalisation entre
riches et pauvres dans le monde entier se définissent. Il y a là, ouverte
à tous et d'abord à ceux qui ont la charge d'éclairer l'opinion, une source
d'information irremplaçable, parce qu'indépendante de toute considération
gouvernementale ou partisane, sur les tenants et les aboutissants
de la Crise en cours.
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