Excentrique et visionnaire, l’œuvre de Spencer ne peut laisser indifférent.
Peintre britannique au style tout à fait original, mais inégalement apprécié de son temps, Stanley Spencer (1891-1959) figure désormais au premier rang des peintres dans son pays et dans les pays anglo-saxons. Toujours méconnus en France, les tableaux de celui que Keith Bell, dans son catalogue raisonné, qualifiait de « maître ancien de l’art moderne britannique », si atypiques et visionnaires, innervent jusqu’aux créations de Lucian Freud, David Hockney, Grayson Perry ou Paula Rego.
À contre-courant, du moins à l’écart, des avant-gardes européennes, Spencer a construit une œuvre riche et complexe, puissante et intime : à tout jamais ancrée dans son Berkshire natal, qu’il nommait son « paradis », mais fondée sur l’héritage des maîtres de la Renaissance, italiens et flamands, sa peinture repense les grandes représentations bibliques – Crucifixions ou Résurrections – pour les installer sur le front de la Grande Guerre ou dans la tranquillité d’un village anglais. Elle se fait en même temps l’écho de la passion inquiète et du désir de l’artiste pour tendre vers l’érotisme et la nudité sans fard des corps.
Excentrique et singulière, l’œuvre de Spencer ne peut laisser indifférent.
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