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Aujourd’hui comme de son temps, la réputation de Strindberg ne cesse de faire écran à son œuvre. Les témoignages à charge ne manquent pas sur sa présumée maladie mentale, ses délires de persécution et sa misogynie furieuse, à commencer par les centaines de pages autoaccusatrices que ses lecteurs peuvent trouver dans "Inferno" et ses autres écrits autobiographiques. Dans cet essai consacré au théâtre de Strindberg, Jean-Pierre Sarrazac entend mettre en valeur le rôle d’hypotexte, de socle de l’œuvre dramatique, que tiennent les récits autobiographiques. Contrairement à George Steiner, qui a dénoncé dans "La Mort de la tragédie", l’usage « scandaleusement personnel » que fait Strindberg de cet espace public qu’est le théâtre, l’auteur entend reconstituer la démarche d’un immense artiste qui place l’intime au cœur de la création et dont l’œuvre procède de la mise à nu, sur la scène, de sa propre existence et de l’existence d’autrui.