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Cet ouvrage propose de changer notre compréhension de la surveillance, en établissant une sociologie du travail de surveillance. Classiquement, des surveillance studies aux travaux sur le capitalisme de surveillance, la surveillance est comprise comme une accumulation de données, générant des effets de pouvoir. L'ouvrage montre que surveiller c'est également transformer et se séparer de certaines données. Les acteurs qui surveillent ne cessent de modifier, écarter, oublier, voire supprimer des données. Les données oubliées ou écartées peuvent alors devenir des appuis pour remettre en cause la légitimité des surveillances et leur efficacité. Surveillance Générale défend cette thèse en enquêtant sur plusieurs dispositifs (vidéosurveillance intelligente, capteurs, bases de données, patrouilles, reporting, etc.) dont le but est de discipliner tant les voyageurs que les cheminots, au nom de « la bonne marche des trains ». L'ouvrage se concentre sur la modernisation du service interne de sûreté de la SNCF, la « Surveillance générale » qui s'actualise dans deux processus :• la marchandisation progressive des activités de sécurisation des gares et des trains, de plus en plus conçues comme un service marchand échangeable, et de fait échangé sur un marché interne au groupe SNCF, et aujourd'hui étendu aux opérateurs ferroviaires privés depuis l'ouverture à la concurrence ;• la « mise en risque » de cette sûreté: l'ouvrage retrace comment depuis les années 1990, la SNCF a cherché à rationaliser sa lutte contre la délinquance en allant puiser dans les méthodologies qu'elles avaient développées en matière d'accidentologie.