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Et après, que faire de nos morts ? On les enterre ou non on les brûle, on vide leur maisons, on cherche en vain, à comprendre quelque chose qui doit nous échapper. Des images silencieuses surgissent, qui insistent sur une absence dont ne parvient pas à se débarrasser et dans laquelle il faut bien continuer d’errer avant que le cours des choses ne l’emporte avec le beau mouvement factice de l’habitude. On aura tenté d’ouvrir une brèche, de saisir le sens de ce moment où les lieux, les personnages et le souvenir sont figés dans l’indifférence du décor, l’absurdité de ce qui nous a été laissé, le jeu de la répétition des allers et retours dans une maison déserte de banlieue ou de visites à l’hôpital, aux parents, à une femme qui vieillit confinée dans un appartement minuscule. Et sans doute le cheminement du récit s’accomplit-il en pure perte : nous n’avons rien découvert qui ne soit recouvert par la mémoire, le malentendu, et finalement emporté par cette nécessité de la vie où nous disparaissons. Béatrice Leca