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Dans nos vies impatientes, vibrantes d’urgences jusqu’à saturation, il existe un dispositif, un objet, un tiers lieu, qui résiste à la pression. Le banc fait dissidence. Il contourne à la fois l’individualisme et les vœux de performance, devient l’un des rares espaces d’hospitalité et de gratuité de nos sociétés contemporaines. Car le banc traverse les époques et leurs injonctions en gardant sa drôle d’âme, capable d’abriter notre douce ou douloureuse intimité. Immobile, les deux pieds ancrés dans la terre, il a pourtant le pouvoir de déclencher le regard, l’observation, l’imagination. Après des dizaines de révolutions de son architecture comme de ses usages, il reste, en dépit des obstacles, un condensé de simplicité, d’accessibilité, d’utilité, de mystère. S’assoir sur un banc, c’est à la fois entrer chez soi et partager un monde. Sondant la littérature, la peinture, la photographie ou le cinéma, Viviane Chocas révèle le banc comme réservoir de corps à « mémoire de vies » : il en sait long sur l’homme, sa bêtise et sa grâce, ses peurs et son hospitalité, son autosuffisance et sa crainte de manquer. Alors le banc, outil sensible de résistance ?