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La frivolité est l’art de ne rien prendre au sérieux. Chaque époque a sa façon de jouer avec la frivolité pour dissiper l’ennui ou escamoter les ravages de la mort, la Grande Faucheuse. Traditionnellement, l’Église la condamne parce qu’elle fait oublier à l’homme, séduit par les Vanités, de travailler à son Salut. Tandis que le philosophe la considère avec indulgence : « pour nous consoler de nos innombrables misères, Dieu nous a faits frivoles », se réjouissait Voltaire !
La frivolité est d’abord une figure féminine. Parce qu’elles ont été écartées pendant des siècles des choses dites « importantes » et rivées à leur miroir, les femmes en deviennent l’incarnation dans une société dominée par les hommes ; mais c’est oublier la coquetterie des mignons et des dandys !
Privilège d’une aristocratie oisive, la frivolité se complaît dans les fêtes galantes du XVIIIe siècle, le badinage et les jeux d’esprit, et envahit les arts. Elle survit joyeusement aux révolutions et aux guerres. Dans une société démocratique et individualiste qui consomme et gaspille, elle se niche dans les caprices de la mode, et dans la multiplication des objets au service du bien vivre. Comment se passer de ces petites bulles de bonheur qui soulagent le quotidien ?