La congrégation des Soeurs de Saint-Joseph de Tarbes naît en 1843 à Cantaous,
petit hameau de Bigorre. Aux trois voeux de religion, chasteté, pauvreté, elle fonde sa
vocation sur l'enseignement et l'attention aux malades. En 1882, la politique de
laïcisation du gouvernement français pousse les religieuses à créer des missions à
l'étranger afin d'échapper aux persécutions. C'est ainsi qu'à la demande du président
Rojas Paul, elles arrivent au Venezuela en 1889, pour s'occuper de l'hôpital Vargas de
Caracas. Elles s'intègrent rapidement aux réalités d'un continent si différent du leur et
acceptent le défi de l'acculturation, en dépit des conditionnements géographiques et
historiques.
En 1919, la fondatrice de la mission, Mère Saint Simon, quitte le Venezuela.
Les tarbésiennes sont désormais bien implantées en terre américaine. Les vocations en
majorité nées dans le pays, confèrent à la congrégation une place toute particulière au
sein de la société vénézuélienne et des autorités vénézuéliennes.
Le prestige des religieuses va grandissant : des générations entières de jeunes
filles passent par les écoles qu'elles ont fondées (El Paraiso, La Florida,...) façonnées
par des personnalités hors du commun.
En 1979, influencés par le renouveau, l'exigence éthique et évangélique
manifestés par Vatican II puis Medellin et Puebla, elles répondent à la demande du
vicaire apostolique de Puerto Ayacucho, monseigneur Enzo Ceccareli, de fonder une
mission en Amazonie, dans un contexte de participation active et responsable des
agents qui composent chacun des villages de la mission avec leur culture propre et leur
projet d'autogestion. Basé sur une connaissance approfondie de la réalité environnante
et une valorisation des cultures autochtones, le travail évangélique des religieuses
apparaît comme une réponse possible aux communautés opprimées, dans la nécessaire
prise de conscience du droit qu'ont les populations à régir leur destin, dans le respect de
leur identité, de leurs cultures et langues (éducation interculturelle bilingue, clinique
mobile, petites entreprises, travail communautaire en unuma,...).
Unuma tejemonae (Union mes frères en langue guajiba) ne retrace pas
seulement l'histoire de la mission Coromoto ; il évoque aussi les traditions, croyances,
rituels,... des Indiens Guajibos, soucieux de manifester à la fois cette volonté d'une
indispensable union entre les êtres, la nécessaire reconnaissance de l'autre, dans une
harmonieuse concorde et non pas dans une fusion sclérosante.
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