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Écrit en 1965, Zacharie l’Escarcelle est un des derniers textes « soviétiques » de Soljénitsyne. L’auteur-narrateur raconte une de ses randonnées à bicyclette, en compagnie de sa femme, en quête de l’histoire russe. Les voici qui arrivent à Koulikovo, où le prince Dimitri défit la Horde en 1380. Et voici le monument érigé en 1865. Le mémorial vieux d’un siècle est à l’abandon, mais tient encore le coup. Il n’y a personne, sauf que surgit tout à coup une énorme silhouette de preux, le gardien du monument, mélange de brigand et de paysan costaud...
Dans ce court récit, comme dans les cinq autres qui composent ce recueil (Pour le bien de la cause, Études et miniatures, la Main droite, Quel dommage !, la Procession pascale), Alexandre Soljénitsyne, poète des «miniatures » de l’existence, ne se départit jamais ni d’une ironie toujours présente en sourdine ni d’un léger souffle lyrique qui change l’insignifiant en symbolique.